Polyter | Les maîtres de l’eau

 

Introduction

Il y a 4 milliards d’années, alors que la terre était secouée par le chaos volcanique, de la vapeur d’eau s’est échappée de ses entrailles pour se condenser dans l’atmosphère. Puis la température a chutée, des pluies diluviennes se sont abattues sur le sol pendant des millions d’années ; les premiers océans étaient nés.
L’eau, source de vie, aller conduire au développement des premiers organismes vivants de la planète. Aujourd’hui, la surface de la terre, devenue planète bleue est recouverte de 70 % d’eau. Dans l’atmosphère, dans les glaces des pôles, dans les mers et les océans, dans les fleuves et les nappes phréatiques, l’eau est partout. Mais la plupart de cette eau est salée ou inaccessible. L’eau douce, celle dont nous avons besoin pour vivre, représente à peine centième de toutes l’eau de la terre. Une minuscule gouttelette dans un océan liquide.

Cette eau douce, si rare et si précieuse, les hommes doivent donc apprendre à se la partager. Face aux inégalités entre les pays riches et pays pauvres et à l’augmentation de la population mondiale, l’accès à l’eau potable est un enjeu majeur pour la planète.
L’eau douce, richesse universelle que l’on pensait inépuisable, est devenu l’or bleu du XXIe siècle.

Les maitres de l’eau

un film de Jean-Paul LLAMAZARES

Soluter-Polyter : les maitres de l'eauTout commence par des chiffres insensés, des statistiques presque irréelles : aujourd’hui sur la terre, un homme sur sept ne dispose pas de l’eau potable dont il a besoin. Pire, 46 % de la population mondiale n’a pas accès à l’eau courante et 4000 enfants meurent chaque jour d’une maladie causée par une eau de mauvaise qualité.

Que faire pour que chaque être humain puisse accéder à l’eau potable, ressource indispensable à sa survie ?
Environnement, climat, pauvreté : face à la pénurie, résoudre les problèmes d’accès à l’eau exige de prendre en compte de nombreux facteurs.
Des hauts plateaux d’Amérique du Sud jusqu’au désert d’Afrique en passant par les îles et les mégalopoles, chaque lieu impose ses particularités.

Pourtant, des solutions existent partout sur la planète. Des ingénieurs, des chercheurs, des inventeurs ont appris à traquer l’eau douce partout où elle se cache, à la purifier et la rendre potable, à cultiver le sol sans la gaspiller. Notre histoire est celle de ces maîtres de l’eau qui se battent pour que le monde ne meurt pas de soif.

 

Polyter : une technique révolutionnaire

Eauze (sud-ouest de la France)
Dans le sud de la France, une autre technique révolutionnaire pourrait, elle aussi, changer la donne. Son inventeur ingénieur agronome Philippe Ouaki Di Giorno, un homme passionné de nature depuis toujours qui s’est attaqué à l’un des problèmes clés de l’agriculture : l’infiltration des eaux d’irrigation dans les profondeurs de la terre.

Philippe Ouaki Di Giorno : « Il est important de savoir que, quand vous apportez 1 l d’eau dans un sol argilo-humique, 80 % est perdue et 20 % seulement est disponible pour le végétal. Dans un sol sablonneux, c’est jusqu’à 96 % de perdus. Il ne reste donc que 4 % de disponible. Il faut donc des quantités énormes d’eau pour avoir un résultat. Quand on sait que pour faire 1 kg de maïs, on a besoin de 700 à 1000 l d’eau dont 80 % est perdu, c’est du gâchis. »

Capter l’eau avant qu’elle ne s’enfonce dans le sol, la maintenir à la surface pour qu’elle soit utilisée par la plante, voilà l’objectif du produit mis au point par Philippe Ouaki Di Giorno. Un produit qu’il a baptisé Polyter. De minuscules granulés ressemblant à de fins cristaux verts pâles. Pour leur inventeur, chaque pincée est un véritable trésor.

Philippe Ouaki Di Giorno : « Polyter est un hydrorétenteur activateur fertilisant organique qui a la particularité d’avoir ses éléments nutritifs à l’intérieur et une rétention d’eau très puissante. À partir d’un grain sec, on peut développer 300 à 500 fois son volume initial selon le pH de nous apportée. »

Chaque grain de Polyter se comporte comme une éponge hyper puissante capable d’emmagasiner d’énormes quantités d’eau, puis de la restituer progressivement en fonction des besoins de la plante. 100 g de Polyter peuvent absorber jusqu’à 20 l d’eau qui devient alors solide.

Composés d’un matériau écologique et biodégradable, les granulés renferment également des éléments nutritifs, des engrais naturels qui favorisent la croissance des végétaux. Une seule pensée de Polyter fait office de garde-manger végétal.

 

Polyter : un réservoir d’eau et d’éléments nutritifs

Polyter-Soluter-Un_garde_manger_au_niveau_des_racinesPhilippe Ouaki Di Giorno : « ça réagit exactement comme un réservoir d’eau et d’éléments nutritifs qui permettent à la plante d’avoir son stock à disposition, greffé avec elle. Ce n’est pas parallèle, c’est ça l’invention en partie. C’est de l’eau sèche, de l’eau qui va être stockée réellement au plus près du végétal »

Philippe Ouaki Di Giorno a réalisé son rêve d’enfant : faire pousser des plantes plus haut et plus vite sans gaspiller l’eau grâce à un produit écologique. Son invention est aujourd’hui utilisée dans de nombreux pays. Des jardins parisiens aux golfs des émirats arabes unis, des balcons japonais aux serres provençales, il permet aux cultivateurs de réduire de moitié leurs consommations d’eau et leurs apports de fertilisants.

 

 

Polyter-Soluter-Mairie-DaxEn France, la ville de Dax a été la première à utiliser le produit pour toutes ses plantations.

Marc LASCARY, responsable technique du service parcs et jardins de Dax : « On voit bien le Polyter fixé sur les radicelles, et en plus on voit que c’est oxygéné, c’est-à-dire qu’il y a de l’espace entre les radicelles, donc une meilleure activité microbienne, une meilleure oxygénation, alors que tout le reste est hyper compact autour. »

« Au lieu d’arroser pendant une demi-heure tous les 2 jours, on arrose maintenant que 3 minutes 1 fois par semaine »

Mais Philippe Ouaki Di Giorno a un autre objectif encore plus ambitieux : faire pousser des plantes là où tout le monde prétend que c’est impossible. Pour lui, grâce à son invention, les régions les plus arides pourraient se teinter de vert.

Philippe Ouaki Di Giorno : « Dans les zones désertiques, le Polyter va être optimisé au niveau de ses quantités. Plus on affine le mode d’apport en eau, plus on économise d’eau.

« Ce n’est pas une histoire de 5% ou 10% d’eau. On parle ici de 80 % d’eau avec des systèmes de goutte-à-goutte associés à Polyter. En plus, Polyter permet aux systèmes racinaires de s’activer en profondeur. Les racines qui nodulent avec Polyter vont très vite en profondeur ».

Pour des campagnes de productions forestières, pour combattre la désertification, c’est vraiment l’arme fatale si je puis dire »

Soluter-Polyter : pépiniériste en Nouvelle-CaledonieCette arme a déjà prouvée son efficacité redoutable à l’autre bout du monde, en plein cœur de l’océan Pacifique : montagne du Mont Doré – Nouvelle-Calédonie.

Ici, en Nouvelle-Calédonie, l’exploitation du nickel dans des mines à ciel ouvert a mis à nu le flanc des montagnes.

Marylin CHEN SAN – Pépiniériste : « il y a quelques années, toutes ces mines ont été exploitées, et les exploitants les ont laissées telles qu’elles en partant. Ensuite, avec la pluie et les feux, toute la terre est partie à la rivière puis à la mer »

Les sols, désertés par la végétation, ne peuvent plus absorber fortes pluies, fréquentes dans la région pendant la moitié de l’année. Dès qu’il pleut, l’eau dévale les pentes à toute vitesse et charrie jusqu’à l’océan de la terre chargée on reste de nickel. Ce ruissellement ravage les sols et pollue dangereusement les eaux du lagon. Marylin CHEN SAN et pépiniériste à Nouméa en charge d’un programme public de reforestation. Depuis 4 ans, elle utilise de Polyter pour replanter des arbres sur ces pentes dévastées. Les racines des jeunes pousses se développent alors en profondeur. Résultat, le sol devient plus stable et l’eau est absorbée par les racines au lieu de dévaler les pentes.

Marylin CHEN SAN : « vous voyez, quand on voit des arbres comme ça au bout d’un an grâce au Polyter, c’est toute une satisfaction ».

Des pentes érodées de Nouvelle-Calédonie aux vergers d’Égypte, des jardins du roi du Maroc aux villages désertiques du Sahel, le Polyter se développe dans toutes les régions arides du monde.

Philippe Ouaki Di Giorno : « c’est comme ça qu’on fait des développements au Burkina Faso, où on a, dans la zone de Zogoré reforesté 13 villages avec 50 000 arbres qui ont maintenant plus de 5 m de hauteur dans une zone où on disait que c’était impossible. Au Sénégal, on a de gros programmes avec Polyter.

Soluter-Polyter_Tomates

« Pour vous donner un exemple, dans un village, avec la même quantité de graines de tomates et d’eau, on faisait 400 kg de vilaines tomates. Avec Polyter, ils produisent maintenant en moyenne 2 Tonnes de belles tomates. On a créé de la richesse ». 

 

Au Sahel, certains surnomment déjà Philippe « l’homme qui fertilise déserts ». Demain, son Polyter permettra peut-être de résoudre en partie le problème du manque d’eau dans l’agriculture. Mais Philippe tient à ce que son affaire reste presque artisanale. Aujourd’hui encore, il continue à fabriquer son produit secrètement et refuse catégoriquement de céder ses droits à de grosses compagnies agroalimentaires dont certaines lui ont pourtant proposées des sommes considérables.

Sous toutes les latitudes, dans les régions isolées comme cœur des grandes villes. Partout, des hommes et des femmes s’engagent pour faire de l’eau douce une richesse accessible à tous. Les réponses qu’ils apportent sont adaptées à chaque lieu, chaque climat, chaque peuple. Des solutions locales qui permettront peut-être de faire face à la pénurie globale.
À côté de ces maîtres de leur bleu, la communauté internationale se mobilise. En 2010, pour la première fois, l’assemblée générale de l’ONU a intégré le droit à l’eau à la déclaration universelle des droits de l’homme. Une résolution hautement symbolique dont la concrétisation se fait attendre. Car si la technologie peut résoudre bien des problèmes, les moyens financiers font encore souvent défaut. L’eau, source de vie, est devenue un objet politique.

Aujourd’hui, au XXIe siècle, chaque être humain de la planète pourrait avoir accès à l’eau potable dont il a besoin. Les solutions existent. La science et l’inventivité des chercheurs les ont mis au point. Reste à présent à y consacrer les moyens nécessaires.

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